
Intervention de Catherine Pilon pour le groupe Montreuil Écologistes et Citoyen-nes au sujet de l’usine SNEM :
« Beaucoup de choses ont été dites ce soir et par communiqué sur les graves dysfonctionnements reprochés à l’usine snem . Voici quelques points saillants que le groupe Montreuil Écologistes et Citoyens souhaite relever :
Pour nous ce type d’usine n’est pas compatible avec la vie d’un quartier d’habitation et à proximité d’équipements sensibles : 4 écoles, un foyer pour autistes, un collège et un parc classé natura 2000. . Le droit actuel d’ailleurs l’interdirait.Cette situation devrait conduire à une délocalisation de ce type d’établissements dans des zones isolées des habitations.
Cela devrait aussi donner lieu à la mise en place d’un fonds national de solidarité pour les communes dont les sols ont été massivement pollués, par l’industrie ou l’agriculture, afin de mutualiser les frais très importants qui renchérissent la prix de reconversion de ces espaces pour d’autres usages. Souvent les pollueurs payeurs ont disparu depuis longtemps.
Il n’est pas juste en effet qu’un département comme la seine st denis assume seul cette situation, qui est le fruit de l’histoire industrielle de la région qui a vu se concentrer les usines polluantes dans l’est afin de limiter les nuisances à l’ouest, là où les personnes les plus fortunées et influentes avaient choisi de résider.
Nous devrons nous assurer d’ailleurs pour la SNEM que le principe du pollueur payeur soit appliqué, par l’entreprise ou ses donneurs d’ordre et qu’on ne vienne pas solliciter le contribuable pour ces faits.
Cette exigence de délocalisation est renforcée dans le cas présent car il s’agit d’une usine mal gérée qui n’a jamais fait l’objet de l’attention nécessaire vis à vis de ses salariés et des riverains.
Les désordres causés par la snem ne sont pas récents. Elue de ce quartier depuis 2010 , j’ai constaté à maintes reprises des irrégularités, suite à des alertes de riverains vigilants , irrégularités que la ville dénonçait à la préfecture qui se chargeait des contrôles. La dernière visite inopinée, en avril 2017, fait suite à une alerte de riverains et a fait l’objet de mise en demeure pour non conformité notable ; les irrégularités commises par le patron sont donc de plus en plus graves.
Des premiers résultats ont été communiqués par la préfecture mais il nous semble nécessaire de poursuivre les investigations (du sol, des rejets d’eau, et de s’intéresser aux durées longues d’exposition. Par ailleurs, il faut permettre l’accès de chacun à l’ensemble des rapports intégraux produits depuis 2007.
On le sait, il est très difficile et très long de prouver l’impact de nuisances industrielles sur l’environnement et la santé. Souvent dans l’histoire de notre pays, des scandales ont éclaté, longtemps après que des lanceurs d’alerte aient dénoncé des risques.
Sans tomber dans la crainte irrationnelle, le principe de précaution doit s’appliquer lorsque des faisceaux d’indices convergent sur la dangerosité d’un produit ou d’un site, et ce, même si toutes les études menées indiquent que les normes sont respectées et qu’il n’y a pas de danger.
On peut prendre l’exemple du lévothyrox aujourd’hui. Alors que la nouvelle molécule mise en place depuis le mois de mars est censée améliorer le traitement et que toutes les études scientifiques montrent qu’il ne peut y avoir d’effets secondaires négatifs suite à ce changement de formule, il a été décidé, face aux milliers de témoignages de patients de re-commercialiser la formule initiale.
Dans le dossier qui nous occupe ce soir, il est fait état d’un produit, le chrome 6 dont la dangerosité ne fait pas débat, et qui pour cette raison a été interdit par la réglementation européenne avec la directive Reach. On ne peut accepter que des dérogations soient faites et encore moins pour une entreprise comme la SNEM qui depuis plusieurs années fait parler d’elle pour ses irrégularités.
Pour nous les conditions sont réunies pour appliquer le principe de précaution et qu’une fermeture provisoire de l’usine soit imposée.
Enfin, nous condamnons les blessures infligées et les deux interpellations violentes et mise en garde de vue à l’encontre de deux parents d’élèves, qui nous semblent disproportionnées et soutenons la demande de libération qui a été faite au nom de la ville par le maire . »
– Conseil municipal du